vendredi 19 septembre 2008

Nouveau déménagement

On doit rendre le studio dans le vingtième demain. Toute la semaine je me suis demandé où on allait bien pouvoir aller. C'est terriblement angoissant de ne jamais savoir à l'avance où l'on va dormir dans les jours et les semaines qui suivent. J'ai fait circuler l'adresse de ce blog et j'ai reçu pas mal de lettres de soutien, des conseils et des encouragements (MERCI à tous et à toutes !) Nos déboires ne semblent pas être arrivés jusqu'aux oreilles de la Mairie, cependant : cela fait deux semaines et nous sommes toujours sans nouvelles du député-maire de l'arrondissement. Après tout on est encore vivants, c'est donc sans doute que notre cas n'est pas si urgent...

Je sens bien pourtant que la précarité de notre situation perturbe les enfants. Orphée est d'habitude un enfant plutôt joyeux, bon mangeur, grand joueur… Mais en ce moment, il pleure beaucoup, il ne mange pas très bien et répète sans cesse : « Câlin maman ». Quand je le dépose à la crèche il pleure, alors qu'avant il me disait au revoir en faisant le clown. Je ne sais pas bien si c'est le fait de ne plus avoir de maison ou s'il ressent mon stress… Pour Jules ce n'est pas évident non plus, mais à l'école, pour l'instant, il suit. En fait, j'ai l'impression que tous les deux reportent leur angoisse entièrement sur moi... J'essaye d'être patiente, mais il est vrai que parfois, avec la fatigue, cela devient explosif.

Finalement, hier matin, alors que j'allais au travail, j'ai reçu une offre très généreuse d'une maman de l'école qui nous laisse son appartement pendant une semaine. Elle a la garde partagée de ses enfants et cette semaine, comme ils ne sont pas là, elle me propose de nous laisser les clés pendant qu'elle va squatter chez une amie !

C'est une proposition incroyable, l'appartement est tout près de l'école et de la crèche, on va pouvoir se reposer un peu !

Jules commençait à être fatigué des horaires et de monter la rue de Belleville tous les soirs à pieds. J'ai récupéré mon vélo car c'est plus rapide que le métro, mais la rue de Belleville dans le sens de la montée avec nous trois sur le vélo plus les sacs, je n'y arrive pas !

Il se trouve que dans la rue où on était hébergés, juste en face, habite la première maîtresse de Jules (petite section de maternelle) : c'était rigolo de se rencontrer là. Un matin, alors que nous partions en même temps pour l'école (elle en scooter, nous à vélo), nous avons "fait la course" jusqu'à Jaurès. Ça a bien fait rire Jules, même si ensuite elle nous a semés…

J'aime ces petits moments…

Un autre soir, alors qu'on rentrait tous les trois, chargés comme des mules sur le vélo, une jeune femme sur le bord de la route accompagnée de son enfant nous a regardés avec stupéfaction ou admiration et lorsque nous l'avons dépassée, elle m'a crié : « Bravo ! Bon courage… ! » . Ce soir là, tout au long du chemin, j'avais des commentaires et des encouragements de passants, c'était bien agréable.

3 commentaires:

christel a dit…

je découvre comme beaucoup ta situation. toujours stupéfaite que des familles soient sans logement ... malgré une situation professionnelle. j'ai honte d'avoir les larmes aux yeux en te lisant ... et malheureusement aucune aide à te proposer qui pourrait rendre votre vie plus douce ... j'espère que tu trouveras par le biais de ces blogs une aide. christel.

hellohlala a dit…

Julie,
vous avez une foi dans la vie qui nous donne des leçons. Merci d'avoir eu le cran d'ouvrir et tenir ce blog.
Et vous transcrivez très bien ces moments, les plus déprimants comme ceux de bonheur avec vos enfants (3 sur un vélo ;=) Parc de Belleville ! ) vous arrivez même à nous faire sourire.
Le plus dépimant est bien que ces aventures ne sont pas tirées d' un film en noir et blanc de Charlot, mais vous, aujourd'hui dans la ville.
Courage : Vous avez fait toute seule, avec votre instinct de survie et votre blog et votre humour, plus que tout un congrès du parti socialiste.

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