mercredi 24 septembre 2008

Rue Lépine

Lorsque nous avons quitté notre appartement en janvier, C. et P. nous ont recueillis, moi et ma petite famille. C'était un dépannage qui devait durer quelques semaines, on est finalement restés 7 mois !

C'était pratique parce qu'ils habitaient à côté de chez nous, c'est-à-dire non loin de l'école de Jules et de la crèche d'Orphée. C'était bien aussi parce qu'ils ont eux-mêmes deux petits garçons de six et quatre ans, qui s'entendent très bien avec les miens.

P. et C. ont complètement réorganisé leur petit appartement pour nous. Le salon est devenu notre chambre, ils ont tout enlevé (bureau, ordinateur, chaises, étagères...) et aménagé pour que l'on s'y sente bien, pour que cette pièce soit vraiment à nous le temps de notre cohabitation. J'ai pu ranger les habits et ne pas les laisser dans une valise par exemple. Je ne m'attendais pas à un tel accueil, je pensais qu'on serait dans le salon mais le salon n'existait plus. Je dormais sur le clic-clac, Orphée avait son petit lit, Jules un matelas sous la table.

On a mis du temps à trouver nos marques dans ce nouveau lieu, à ne plus penser à nos affaires qu'on avait laissées à gauche à droite. Meubles, vaisselle, souvenirs, affaires personnelles, habits, livres, jouets, ont été entreposés dans différentes caves d'amis ou d'amis d'amis… Ils y sont encore.

Au début, Jules voulait toujours retourner dans son ancienne maison, il prétendait qu'il s'était habitué au bruit, que ce n'était pas grave, il voulait retrouver ses jouets… Pourtant, quand on habitait au dessus du bar, il se plaignait tous les soirs de ne pas pouvoir s'endormir. Pour les enfants de mes amis ce n’était pas facile non plus, il fallait qu’ils partagent leur espace. L’aîné, qui aime bien s’isoler, avait du mal à se retrouver seul et le plus jeune, les premiers jours, me disait à chaque fois que je rentrais : « oh ! Mais qu’est ce que tu fais là toi ? ». En revanche la présence de Jules et Orphée lui déplaisait moins… Mais heureusement ils ont vite pris goût à la vie en communauté.

On s'est installés tous ensemble comme une seule famille. L'appartement, qui n'était pas si grand, était très animé !

La cuisine est devenue le lieu de vie principal, même si on avait juste la place d'y manger, et encore pas tous ensemble. La salle de bain était prise d'assaut tous les matins. Le couloir était le lieu de toutes les courses et de toutes les batailles.

Dans l'immeuble il n'y a pas d'autres enfants, alors on était vite repérés lorsqu'ils sortaient en fanfare ou faisaient leurs petites crises dans les escaliers…

La vie à 7 demande une sacrée organisation quand les trois adultes travaillent et que les quatre enfants sont si petits. Chaque jour de la semaine il faut lever les enfants, les habiller, les faire déjeuner, les amener dans trois établissements différents, aller travailler, revenir les chercher à différents horaires, les amener à la capoeira, à la piscine, faire les courses, préparer à manger, leur donner le bain, les coucher, leur lire une histoire...

Le week-end on se retrouvait avec quatre fauves en cage, quatre garçons plein d'énergie et de malice pour qui il fallait inventer toutes sortes de jeux et de sorties.

Le soir, une fois les enfants couchés, la table desservie, la vaisselle faite, la cuisine rangée, on n'en menait pas large...certains soirs on laissait tout comme ça et on se couchait juste après les enfants…

On a vécu de bons moments tous ensemble et je remercie P. et C. de nous avoir hébergés si longtemps, d'avoir partagé si longtemps avec nous leur vie de famille, je sais bien que cela ne va pas de soi. Ils ont été si patients, si généreux, si attentifs… Peu de gens seraient prêts à faire ça. Il y a eu des moments difficiles mais ils ont pris le risque de les vivre pour nous aider et je leur en suis très reconnaissante.

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Julie tu as un courage et une force incroyables, et tu es très jolie entourée de tous tes enfants.Faut qu'on s'organise une rencontre avec le mien (ptit loup). Bisous

Moi_Mem a dit…

Bonsoir Julie
Je viens de parcourir ton blog, et j'y retrouve beaucoup de choses que j'ai vécues et ressenties, il y a plusieurs années de cela.
Tu es trés courageuse. Je sais par experience qu'une maman "trouve toujours la solution". Nos enfants sont nos "moteurs".
Bon courage, et bonne chance! Je reviendrais.
Cordialement

Anonyme a dit…

bon courage Julie
bisous à vous

Yann d'Allemagne a dit…

Salut Julie,

ton récit de la vie à 7 m'a rappelé mes 6 ans. Lorsque ma mère, moi et ma petite sœur étions 1 ans chez des amis pour cause de dispute conjugale.

Surtout les "quatre fauves en cage" les jours de pluie, mais nos parents ont tous survécu...

Bien sur, pour nous il n'y avait pas la peur du lendemain et, étant dans la campagne Auvergnate sans route autour, nous (les enfants) avions toutes les libertés...

Je te souhaite bien du courage et je t'aide comme bien d'autre avec les puissants outils d'internet (Emails).
Je comprends que cela puisse faire peur, mais en même temps si nous tous devenions conscients de l'incroyable force solidaire de l'internet, bien des choses pourraient changer...
Moi qui suis informaticien je sais de quoi je parle.

De sincères pensées pour vous trois... et tous les autres sur ce blog.

Anonyme a dit…

Bon courage Julie,
tu mérites vraiment qu'on se bouge pour toi, tu es une mère courage. tiens bon! fabienne

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